Thérapie du changement, obstacles et difficultés, prix à payer thérapie trouble borderline par Alain Tortosa. - Alain Tortosa

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Thérapie du changement, obstacles et difficultés, prix à payer thérapie trouble borderline par Alain Tortosa.

Thérapie

Le prix à payer en terme d'argent.

Bien souvent une psychothérapie est payante, soit parce qu'elle est conduite par un psychanalyste, soit par un praticien qui n'est pas médecin.
Il est d'ailleurs rare qu'un médecin psychiatre en fasse, faute de temps.
La somme « investie » n'est pas négligeable surtout quand on multiplie le nombre de séances sur plusieurs années !
(Je ne vais pas perdre mon temps à répéter que ce devrait être pris en charge par l'état...)

Mon opinion concernant le coût global est relativement simple:

- Si le travail thérapeutique permet au patient d'accéder ou de recouvrer une vie épanouie dont le centre de gravité n'est plus la souffrance alors la thérapie a bien un coût mais n'a pas de prix. Il est évident que cet investissement vaut le coup au regard du bénéfice retiré.

- En revanche, si la thérapie n'apporte rien ou pas grand chose et quand bien même chaque séance serait très peu onéreuse, je peux affirmer que cela resterait hors de prix !


Le prix a payer « psychologique », le prix du changement.

Les étapes d'une thérapie « réussie ».

La « victime ».

Toute personne qui se pense « victime » d'autrui ou de sa « nature » n'a pas ou peu intérêt à débuter un travail thérapeutique.
D'une certaine façon elle n'a pas tort, elle peut par exemple subir une succession d'échecs réels, rencontrer les mauvaises personnes, avoir eu des parents maltraitants,.. bref un ensemble d'éléments objectifs qui peut permettre d'affirmer un statut de victime.

Si d'aventure cette personne entame une thérapie à ce stade de conscience, le risque d'échec est important.
Il est probable que ce ne sera pas une thérapie du changement mais une façon de raconter ses souffrances (réelles) en accusant le mauvais sort, la nature ou qui que ce soit.
Dans certains cas défavorables, ce travail pourrait même se révéler pire et renforcer les croyances de victimes, freins au changement.

La prise de conscience: « et si cela venait de moi ! »

La prise de conscience est l'étape qui permet de basculer d'un monde dans lequel la personne en souffrance n'a pas (ou extrêmement peu) de prise sur sa vie vers un monde où un libre arbitre pourrait s'exprimer.
Cette étape peut prendre des mois, voir des années et hélas ne jamais arriver !

C'est la phase durant laquelle commence à poindre « Quand bien même ma malchance serait réelle, c'est peut-être moi qui par mes agissements ou mes choix attire mon propre malheur ».

Le questionnement se convertirait en une croyance différente :
Par exemple  : « Je fabriquerais ma malchance en attirant les mauvaises personnes ».

« Ce problème n'est peut être pas le fruit de ma nature ».

Sans  prise de conscience, point de thérapie mais cela n'est pas suffisant.
Ce problème est très présent dans le cas d'un trouble de la personnalité du fait de l'aspect quasi permanent des souffrances ou des symptômes. Mais aussi du fait que la personne peut vivre avec depuis sa petite enfance (un sentiment de ne pas être comme les autres).

Il arrive de fait qu'il y ait une confusion naturelle entre ce qui relève de la personnalité et ce qui relève de la pathologie.
Il est tout à fait logique de penser que c'est le « destin » et qu'il n'est de fait pas possible de mettre en place des processus d'évolution. Comment devenir ce que l'on est pas  ?

Ce problème de « nature » peut aussi être entretenu par certains diagnostics ou certaines catégorisations.

Des diagnostics de type autisme de haut niveau, de syndrome d'asperger, de trouble bipolaire, d'hyperactivité ou de catégorisation comme la douance, le haut potentiel, QI élevé (le tout associé à de la souffrance psychologique profonde), etc. peuvent entretenir la croyance qu'il n'y a rien à faire car la souffrance serait de nature génétique et ou induite par sa différence et une "incompatibilité" avec autrui.

Pourtant nous sommes à l'aube, pour ne pas dire au moyen-age, dans les domaines de la génétique et de la psychiatrie. Nous savons maintenant que la génétique n'est pas gravée dans le marbre. Durant sa vie il est possible d'activer ou de mettre en sommeil certains gênes.
Pour preuve, si la génétique n'était que pure vérité gravée dans le marbre, il ne serait pas possible d'avoir dans une fratrie de jumeaux monozygotes un des frères qui souffre d'un trouble bipolaire mais par l'autre ou dans une fratrie de jumeaux, un des deux avec QI élevé et pas l'autre.

Je constate dans ma pratique que bien souvent des patients qui n'avancent pas ou peu se sentent prisonniers de leur génétique et peuvent ainsi penser qu'il n'y a rien à faire.
La croyance dans un « je peux changer » est donc vitale.

La demande de thérapie.

La demande thérapeutique découle naturellement de la croyance que sa propre souffrance ne vient pas uniquement d'autrui  ou de sa nature et qu'il est possible de s'en débarrasser ou de l'atténuer.
Bref que ce malêtre est du domaine du pathologique, de l’acquis et pas uniquement de l'inné.

Par exemple une personne qui pense souffrir d'un trouble borderline ou diagnostiquée ainsi, sera en demande thérapeutique notamment pour moins souffrir.
Les études scientifiques publiées sur le trouble de la personnalité borderline prouvant qu'une psychothérapie est efficace seront d'une grande aide pour se convaincre de l'utilité d'une thérapie.

Rien à perdre  !

Une phrase qui revient souvent avant de se lancer dans une thérapie est:

« De toutes les façons je n'ai rien à perdre. »

Si je suis une personne en dépression, que ma vie n'est que souffrance alors je peux me dire que je n'ai rien à perdre.
En effet, en quoi ma vie pourrait être pire en entamant un travail thérapeutique  ?
C'est donc un excellent moteur pour se lancer dans une thérapie.
Penser que le rapport bénéfice / inconvénients ne peut qu'être favorable

Le prix à payer

Sur le papier « rien à perdre » est vrai mais dans les faits ce n'est pas si exact.
 
Dans un travail thérapeutique des freins au changement (inconscients) peuvent se mettre en place.
Il y a aussi la peur de l'inconnue. La souffrance peut parfois être plus "confortable" que l'inconnu.
Il arrive que la demande revienne à dire « je veux changer sans rien changer ».
Bien sur ce n'est pas possible.
Le changement ne peut venir que du changement comme pourrait dire M. de la Palice.

Dans le cas d'un trouble borderline, le travail sur les émotions et les croyances va de fait entraîner des changements de fonctionnements mais aussi de croyances et de vision du monde comme du rapport à autrui. Cela va probablement entraîner une réécriture du passé ce qui peut avoir des conséquences sur ses relations présentes.

D'une certaine mesure on peut dire que certains patients ne « veulent pas aller mieux » (le terme est faux bien évidemment) pour ne pas avoir à endurer les bouleversements du changement.

Dans certains cas le patient peut avoir l'impression d'un château de cartes qui s'effondre.
Ceci peut se révéler psychologiquement assez violent et que je peux qualifier de « prix à payer ».

Bref une thérapie (du changement) n'a rien d'anodin mais c'est aussi une formidable aventure.

Merci
Alain Tortosa.

Thérapie et trouble borderline par Alain Tortosa


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